le DG des Ressources en eau, Dr Eugène Yéo a sonné la mobilisation dans le gbèkè, pour une meilleure sensibilisation
La 11e édition de Semaine nationale de l'eau (SNE), dans son format décentralisé, s’est déroulée le vendredi 23 octobre 2026 à la salle de réunion de la préfecture de Bouaké, en présence des autorités administratives, scientifiques, leaders communautaires et usagers. Cette célébration a été initiée par le ministère ivoirien des eaux et Forêts autour d'un enjeu crucial : la sécurité hydrique face aux défis climatiques et anthropiques. Ouvrant la série des allocutions, le préfet de la région du Gbêkê, préfet du département de Bouaké, ainsi que le maire de la commune, Amadou Koné, ont rappelé le douloureux souvenir de la crise hydrique de mars-avril 2018. L'assèchement du barrage de la Loka, causé par une sécheresse sévère et l'extraction anarchique de sable, qui avait entraîné un déficit de production de plus de 70 % et privé d'eau plus d'un million d'habitants. « Une ressource polluée ou épuisée est une menace pour la santé, l'économie et la paix sociale. L'eau ne tombe pas du ciel toute prête : elle se protège, elle se respecte et elle se partage », a souligné l'autorité préfectorale. Une conférence animée par le Directeur général des ressources en eau (DGRE), Docteur Eugène Yéo, a permis de mettre l'accent sur la vulgarisation du nouveau Code de l'eau (loi n° 2023-902 du 23 novembre 2023). Ce cadre juridique réaffirme le rôle central du ministère des Eaux et Forêts dans la gestion du patrimoine hydrique national et consacre la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) à l'échelle des bassins versants. Les présentations ont mis en lumière les pressions grandissantes subies par le bassin du Bandama, le lac de Kossou et la retenue de la Loka : rejets d'eaux usées non traitées, usage massif d'intrants agricoles en maraîchage, orpaillage clandestin générant mercure et cyanure, ainsi que comblement des bas-fonds. Les experts ont rappelé la stricte interdiction de toute activité polluante dans les périmètres de protection des cours d'eau et la nécessité d'obtenir une autorisation préalable (article 12) pour tout prélèvement ou toute réalisation de barrage. La séance de questions-réponses a permis un dialogue direct entre la délégation ministérielle et les forces vives de la région. Les représentants des usagers, des associations de femmes, de l'Université Alassane Ouattara et des services techniques régionaux ont abordé des sujets concrets : la lutte contre l'orpaillage, la baisse de la ressource en milieu maraîcher, ou encore la sécurisation de l'approvisionnement des établissements publics. Pour concrétiser cette gouvernance de proximité, des cartes du réseau hydrographique et des exemplaires du Code de l'eau ont été distribués aux autorités locales et aux comités communautaires. La journée s'est achevée sur un appel à l'action collective : faire de chaque citoyen du Gbêkê une sentinelle de l'eau, afin de garantir une ressource saine et durable pour les générations présentes et futures. Coïncidant avec l'Année africaine de l'eau et de l'assainissement décrétée par l'Union africaine, cette édition s'est tenue sous le thème : « Assurer durablement la qualité des ressources en eau pour accélérer la mise en œuvre de l'Agenda 2063 ». Choisie, aux côtés d'Aboisso et de Divo, pour porter la voix du gouvernement à l'intérieur du pays, la ville de Bouaké incarne pleinement les défis de la gestion de l'eau en Côte d'Ivoire. Solange ARALAMON
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