Quelques jours après son retour de France, où il a participé au Festival international de guitare et d’art de la scène (FIGAS), l’artiste-musicien ivoirien Anslo Ganslo, de son vrai nom Anselme Akplogan, s’est confié à Lavenir.ci. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, son ambition d’exporter le « World Groove Zaouli Beat », mais surtout sur une promesse de production qu’il affirme avoir reçue de la chanteuse malienne Oumou Sangaré.
Pour Anslo Ganslo, cette promesse non concrétisée a lourdement pesé sur l’évolution de sa carrière.
La rencontre entre les deux artistes remonte, selon Anslo Ganslo, à la deuxième édition du Marché des arts du spectacle africain (MASA), à Abidjan. Il explique avoir progressivement noué une relation particulière avec Oumou Sangaré, qu’il présente comme sa « mère artistique ».
Selon son récit, la diva malienne lui aurait alors promis de produire sa musique.
« Oumou Sangaré avait promis de me produire. Si ma carrière a été ainsi, sans visibilité, c’est parce que je comptais sur sa promesse », affirme-t-il.
L’artiste assure que cette promesse représentait pour lui une véritable opportunité de bénéficier d'une exposition internationale.
« Elle m’a dit : “Mon fils, je te promets qu’après Nabintou (sa cousine qui est choriste), je te produis”. Mais j’ai espéré cette production qui n’est jamais venue », raconte-t-il.
Anslo Ganslo affirme avoir tenté de maintenir le contact avec Oumou Sangaré au fil des années. Il dit notamment lui envoyer ses nouvelles productions, auxquelles la chanteuse répondrait par des messages de félicitations.
Mais pour l’artiste ivoirien, ces encouragements ne remplacent pas l’accompagnement professionnel qu’il dit avoir attendu.
« Chaque fois que je fais des productions, je lui envoie et je reçois en retour ses félicitations. Alors que ce n’est pas ça que je veux », explique-t-il.
Anslo Ganslo assure par ailleurs détenir des vidéos de certaines de leurs rencontres, tout en précisant qu’il ne souhaite pas les diffuser.
Malgré sa déception, l’artiste dit vouloir préserver leur relation.
« Je prends mon mal en patience », confie-t-il.
Loin de vouloir rompre avec celle qu’il considère comme sa « mère artistique », Anslo Ganslo lui adresse plutôt un appel.
« À Oumou Sangaré, je veux simplement lui dire que j’ai besoin d’elle dans ma carrière », déclare-t-il.
Il dit être prêt à renouer le contact et attendrait désormais un signe de la chanteuse malienne.
« Je suis prêt à aller vers elle, mais j’attends seulement son signal », ajoute-t-il.
En attendant cette éventuelle collaboration, Anslo Ganslo poursuit son parcours en grande partie par ses propres moyens. Auteur-compositeur, arrangeur et producteur de ses œuvres, il revendique aujourd’hui une dizaine de singles, un album intitulé World Groove et deux maxi-singles, Nkloho et I’am from Sinfra.
Son ambition repose notamment sur le « World Groove Zaouli Beat », un style dans lequel il mêle les sonorités du Zaouli, patrimoine culturel de la région de la Marahoué, à des influences modernes comme la techno.
L’artiste estime que cette identité musicale pourrait contribuer à mieux exporter la culture ivoirienne.
Anslo Ganslo a également évoqué ses expériences sur les scènes européennes. Sa participation au MASA 2022 lui aurait notamment ouvert la voie vers la France, où il a finalement pu se produire en 2023 après un problème de visa qui l’avait empêché de voyager avec son guitariste.
En juillet 2026, il était de nouveau en France pour le FIGAS et le FESTIVER, où il a notamment partagé une prestation avec l’artiste Aïna Rack.
Mais l’artiste déplore les difficultés rencontrées par les musiciens africains lorsqu’ils cherchent à s’imposer à l’international.
Il affirme notamment que certains artistes doivent financer eux-mêmes leur déplacement et estime que les artistes encore peu connus ne bénéficient pas toujours des mêmes conditions que les artistes établis.
Au-delà de son cas personnel, Anslo Ganslo porte un regard critique sur l’industrie musicale ivoirienne.
Selon lui, le pays dispose d’un potentiel culturel important, mais peine encore à accompagner suffisamment ses artistes vers les grandes scènes internationales.
« Aujourd’hui, on constate que notre valeur culturelle de l’industrie musicale est en train de nous échapper », estime-t-il.
Il cite notamment Alpha Blondy, Tiken Jah et Magic System comme des artistes ivoiriens régulièrement visibles sur de grandes scènes internationales, tout en regrettant que davantage d’artistes ivoiriens ne bénéficient pas de cette exposition.
Pour Anslo Ganslo, la question dépasse donc sa propre carrière : elle concerne, selon lui, la capacité de l’industrie musicale ivoirienne à faire émerger et exporter de nouveaux talents.
En attendant, l’artiste poursuit son chemin avec ses propres moyens et prépare notamment Kada Weman, une chanson consacrée au vivre-ensemble.
Reste désormais à savoir si son appel à Oumou Sangaré trouvera une réponse et si la promesse de production qu’il évoque depuis plusieurs années finira, ou non, par se concrétiser.
GZ
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