Édito
Ces derniers jours, le transfert de TOURE Bazoumana a suscité de nombreux commentaires. Son montant, son âge, son potentiel… Chacun y est allé de son analyse, comme si une carrière pouvait se résumer à un chiffre.
Pour nous, l'essentiel est ailleurs. Car avant d'être un transfert, Bazou est une histoire. Une histoire qui ressemble à beaucoup d'autres, commencée sur un terrain de quartier où un enfant joue d'abord pour le plaisir. Puis vient un premier centre de formation, une détection, une opportunité. Enfin, l'Académie MimoSifcom. À douze ans, il y découvre une nouvelle vie. Les entraînements, bien sûr, mais aussi l'école, la discipline, la vie en communauté, l'exigence quotidienne. Pendant six années, il grandit sous les regards attentifs de celles et ceux qui ont choisi de consacrer leur vie à former les générations futures. À seize ans, il porte déjà les couleurs de l'équipe première. Champion de Côte d'Ivoire avec l'ASEC Mimosas, il rejoint ensuite la Suède pour poursuivre son apprentissage du football de haut niveau. Son parcours est remarquable. Il n'est pourtant pas isolé. Avant lui, Odilon KOSSOUNOU, Roméo AMANE, Karim KONATE, Oumar DIAKITE, Bénie TRAORE, Malick YALCOUYE et tant d'autres ont emprunté le même chemin. Chacun avec son histoire, son rythme, ses obstacles et ses réussites. Certains évoluent aujourd'hui sous les projecteurs des plus grands championnats. D'autres construisent une carrière plus discrète. Mais tous sont les enfants d'une même école. C'est sans doute cela, la véritable mission d'un centre de formation. Il ne s'agit pas de fabriquer quelques vedettes. Il s'agit d'offrir à chaque jeune les mêmes conditions d'apprentissage, les mêmes exigences et la même confiance. Le travail réalisé auprès d'un futur international est exactement celui qui est consacré à celui dont la carrière sera plus modeste. La formation ne trie pas les destins ; elle prépare chacun à écrire le sien. Bien sûr, le talent fait la différence. Le travail aussi. Et parfois, la réussite dépend d'un détail, d'une rencontre, d'une blessure évitée ou, au contraire, d'un mauvais moment que personne n'avait prévu. Le football, comme la vie, ne distribue pas toujours les récompenses de façon parfaitement équitable. Depuis plus de trente ans, grâce au soutien indéfectible des groupes SIFCA et SIFCOM, l'ASEC Mimosas continue pourtant d'investir avec la même conviction dans les femmes, les hommes et les infrastructures qui donnent vie à son projet. Car derrière chaque joueur qui s'envole vers de nouveaux horizons se cachent des milliers d'heures de travail, souvent invisibles. Les transferts attirent les regards. Mais le véritable succès d'une Académie ne se mesure pas seulement au montant d'une signature. Il se mesure au nombre de vies qu'elle transforme. C'est là, depuis toujours, notre plus grande victoire.
Benoît YOU
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