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Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme: des experts de la CEDEAO réunis à abidjan pour mieux contrer le fléau
Aujourd'hui, 00:04

Les autorités ivoiriennes ont salué le choix de la Côte d’Iboire pour abriter la 45e réunion plénière du GIABA

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Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a ouvert officiellement la 45e réunion plénière de la commission technique ce jeudi 21 mai 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan. 

Cette rencontre de haut niveau réunit les représentants des États membres de la  Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ainsi que des experts issus des institutions financières, des partenaires techniques et financiers, et des experts internationaux, autour de la problématique de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie, Moussa Sanogo, a salué la forte mobilisation des acteurs institutionnels et internationaux. Il a rappelé les efforts engagés par la Côte d’Ivoire pour renforcer la transparence financière et améliorer la régulation des flux de capitaux, tout en soulignant que la croissance économique soutenue du pays, doit s’accompagner de dispositifs robustes de contrôle. 

« Chaque faiblesse dans nos systèmes financiers devient une porte ouverte à l’instabilité », a alerté le ministre Moussa Sanogo, rappelant que la lutte contre le blanchiment d’argent n’est plus une simple exigence internationale, mais une question de souveraineté et de développement. Pour ce faire, il  a insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance accrue face aux risques liés à la circulation des capitaux et à la criminalité financière. Avant de rassurer  que la Côte d'Ivoire sortira bientôt de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI)

Avant lui, le directeur général du GIABA, Edwin Harris Junior, dont le mandat prend fin en juillet 2026, a rappelé que cette 45e plénière se tient dans un contexte mondial marqué par des tensions sécuritaires croissantes, notamment la montée du terrorisme et l’expansion des réseaux criminels transnationaux. Selon lui, ces menaces exploitent les fragilités économiques et institutionnelles pour renforcer leurs activités illicites, rendant indispensable une coopération renforcée entre États. 

C’est pourquoi il a appelé les pays membres à consolider leurs dispositifs de lutte, à renforcer les poursuites judiciaires et à intensifier le recouvrement des avoirs criminels afin de préserver l’intégrité des systèmes financiers. Il a également annoncé l’intégration officielle du Burkina Faso, du Mali et du Niger comme membres à part entière de l’organisation, à la suite des décisions adoptées en 2025 par la CEDEAO et de la signature de protocoles d’accord en février 2026. Cette évolution marque, selon lui,  une étape importante dans l’élargissement de la coopération régionale face aux défis de la criminalité financière.

Edwin Harris Junior, dont le mandat prend fin en juillet 2026,  a profité de cette tribune pour dresser le bilan des réformes qui ont permis, depuis ses 4 ans de mandature,.de redonner crédibilité et efficacité à l’institution régionale.

Prenant la parole, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières de Côte d’Ivoire (CENTIF-CI) et correspondant national du GIABA, le Général Idrissa Touré, a adressé sa reconnaissance à la direction du GIABA pour le choix d’Abidjan comme ville hôte de cette 45e session. Il a souligné que cette désignation constitue « un signal fort » témoignant de la confiance placée en la Côte d’Ivoire et de son engagement dans la lutte contre la criminalité financière. 

Le responsable ivoirien a mis en avant les avancées réalisées par le pays, notamment depuis l’adoption du rapport d’évaluation mutuelle en mai 2023. Il a indiqué que la Côte d’Ivoire a atteint un niveau de conformité remarquable avec les standards internationaux, avec 39 recommandations du GAFI jugées conformes ou largement conformes. Il a également insisté sur les progrès réalisés en matière d’efficacité, grâce à la mise en place de comités interministériels, d’un comité de pilotage et d’un secrétariat technique impliquant administrations publiques et secteur privé. Ces efforts sont appuyés par la coopération du GIABA et des partenaires techniques et financiers, permettant une mise en œuvre accélérée du plan d’action national.  Il n’a pas omis de  rappeler que le pays poursuit d’importantes réformes pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. 

Dans un contexte régional marqué par la montée du terrorisme, des flux financiers illicites et des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués, les États ouest-africains affichent une volonté commune : protéger leurs économies et renforcer la stabilité de la sous-région.

Les experts présents à Abidjan ont également mis en garde contre les nouveaux défis liés aux cryptomonnaies, aux actifs virtuels, à l’intelligence artificielle et aux deepfakes désormais utilisés par certains réseaux criminels pour contourner les dispositifs de contrôle financier.

Au cours des travaux, les participants examineront notamment les rapports d’évaluation, les progrès des États membres et les recommandations du GAFI, tout en définissant les orientations futures de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Solange ARALAMON

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