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Industrialisation en Afrique :Mamadou Sangafowa-Coulibaly défend une approche pragmatique axée sur l’énergie et le capital humain
Aujourd'hui, 10:28

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En marge des réunions de printemps de Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington, la Côte d’Ivoire a réaffirmé sa vision de l’industrialisation du continent. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, est intervenu le vendredi 17 avril 2026,  lors d’un panel de haut niveau consacré à la création d’emplois en Afrique, mettant en avant une approche pragmatique centrée sur l’énergie, les infrastructures et le capital humain.

 

Aux côtés de Mariama Ciré Sylla la ministre guinéenne de l’Economie et des Finances,

le ministre ivoirien a partagé un constat largement admis : « l’industrialisation demeure le principal levier pour générer des emplois massifs et qualifiés» .Cependant, cette ambition se heurte à plusieurs contraintes structurelles. Parmi les principales : un accès limité à une énergie fiable et compétitive, des cadres réglementaires parfois instables et un déficit d’intégration régionale freinant l’émergence de véritables chaînes de valeur africaines.

 

Les échanges ont mis en évidence la nécessité pour les États africains de passer d’une logique de planification à une logique d’exécution. Cela implique notamment d’accélérer les réformes, d’améliorer l’environnement des affaires et de structurer des écosystèmes productifs capables d’absorber une main-d’œuvre en forte croissance. L’énergie apparaît comme le socle de cette transformation. Sans une offre énergétique stable et accessible, toute dynamique industrielle reste limitée.

 

« La stratégie ivoirienne : une démarche progressive et structurée »

 

Face à ces défis, la Côte d’Ivoire défend une approche méthodique. « L’industrialisation requiert d’abord un écosystème global », a souligné Mamadou Sangafowa Coulibaly. La stratégie nationale repose sur plusieurs étapes clés : stabilité politique et macroéconomique, investissements massifs dans les infrastructures (routes, ports, énergie), puis réformes visant à renforcer l’attractivité du cadre des affaires.

Le secteur de l’électricité illustre cette dynamique. Le pays a triplé sa capacité de production en moins de quinze ans et ambitionne de la tripler à nouveau dans les quinze prochaines années, afin de soutenir la croissance industrielle.

 

Le ministre ivoirien a également mis en avant le rôle stratégique du secteur minier. Au-delà des emplois directs, souvent qualifiés, l’exploitation minière génère un large éventail d’emplois indirects à travers les services connexes et les politiques de contenu local. Qu’elle soit artisanale ou industrielle, cette activité constitue ainsi un levier de transition capable de soutenir l’emploi en attendant une industrialisation plus avancée.

 

Au-delà des infrastructures, Mamadou Sangafowa Coulibaly a insisté sur l’importance du capital humain. Dans un environnement marqué par des mutations technologiques rapides, la qualification de la main-d’œuvre devient un facteur déterminant pour attirer les investissements. Par ailleurs, l’intégration régionale apparaît comme un enjeu clé. L’absence de chaînes de valeur intégrées limite les économies d’échelle et réduit l’attractivité des marchés nationaux. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit donc de consolider sa position de hub économique en Afrique de l’Ouest en s’inscrivant dans une dynamique régionale renforcée.

 

À travers cette intervention, la Côte d’Ivoire met en avant une évolution notable des stratégies africaines. Il ne s’agit plus seulement d’énoncer des ambitions, mais de privilégier une approche concrète, fondée sur des leviers opérationnels : énergie, infrastructures, cadre réglementaire et capital humain.

 

Elysa Achi

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