En marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods , la Côte d’Ivoire a participé aux échanges sur la gouvernance de l’or artisanal. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, est intervenu le jeudi 16 avril 2026, au siège de la Banque mondiale.
La rencontre, organisée dans le cadre du Extractives Global Programmatic Support, a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs privés et le World Gold Council. Les échanges ont porté sur les flux illicites d’or, dans un contexte de hausse des prix et d’expansion de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE).
Lors de son intervention, Mamadou Sangafowa Coulibaly a présenté l’approche de la Côte d’Ivoire face à l’EMAPE. Il a indiqué que le phénomène entraîne des pertes de production formelle et des manques à gagner pour les finances publiques. Selon les données avancées, 142 tonnes d’or échappent aux circuits officiels en Côte d’Ivoire, pour un manque à gagner estimé à 4 600 milliards de francs CFA. À l’échelle du continent, près de 435 tonnes d’or sortent chaque année des circuits formels.
Le ministre a détaillé une stratégie fondée sur trois axes : encadrement, répression et formalisation. Les actions engagées comprennent le démantèlement de plus de 7 000 sites illégaux, l’application du Code minier et la mise en œuvre du Programme national de rationalisation de l’orpaillage.
Cette approche prévoit également la structuration du secteur à travers la formalisation des exploitants, la digitalisation du cadastre minier et la création d’un comptoir national d’achat.Le ministre a indiqué que les circuits de commercialisation de l’or artisanal dépassent le cadre national. Il a cité des flux reliant l’Afrique de l’Ouest à des marchés situés aux Émirats arabes unis, en Suisse et en Inde.
Il a appelé à une coordination entre pays producteurs, de transit et de consommation. Il a proposé la mise en place d’un mécanisme de traçabilité de l’or, en référence au Processus de Kimberley.
L’intervention a également porté sur l’usage de substances comme le mercure et le cyanure dans l’orpaillage illégal. Le ministre a évoqué la circulation de ces produits malgré les interdictions existantes et a appelé à une régulation à l’échelle internationale.
Coopération régionale et perspectives
La Côte d’Ivoire a plaidé pour un cadre de coopération associant États, institutions financières et acteurs privés, sous l’impulsion de la Banque mondiale. Le renforcement de la coordination régionale a été évoqué à travers la CEDEAO et l’UEMOA.
Par cette intervention, la Côte d’Ivoire a exposé ses orientations en matière de gouvernance de l’EMAPE et ses propositions pour une coordination internationale.
Elysa Achi
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