La table ronde organisée par Bloomfield Intelligence a réuni du beau monde
Bloomfield intelligence, le département d’analyses économiques et boursières de Bloomfield investment corporation, a organisé une table ronde consacrée au thème : « L’assurance vie et les fonds de pension en Côte d’Ivoire », le Le 5 mars 2026, au Noom Hôtel Abidjan.
Aprés lecture du récent rapport sectoriel publié par la structure initiatrice de l’événement, la dizaine d’experts, issus des secteurs bancaire, assurantiel, financier et institutionnel invités à cette rencontre, a pu établir un constat clair de la situation: l’économie africaine dépend à 80 ou 90% du secteur informel. Alors que ces économies sont structurées sur les systèmes des pays développés. Ce qui rend difficile la contribution de l'assurance-vie dans le financement de l'économie ivoirienne.
Le directeur général des assurances de Côte d'Ivoire, Youssouf Traoré, a expliqué que ce secteur est régi par les normes communautaires de la CEDEAO. S’il a noté une nette progression de l'assurance-vie en Côte d'Ivoire, il a souligné néamoins que quelques defis restent à relever par les acteurs du secteur. Ils s’agit notamment de changer la perception des consommateurs et leurs comportements dans la branche non vie, qui peuvent être des facteurs bloquants dans la branche vie. Aussi, les dispositifs bancaires classiques, encore peu adaptés à ses réalités, appellent une adaptation des mécanismes de financement et des outils de collecte afin de mieux intégrer cette composante essentielle de l’économie.
Intervenant au cours de la table ronde, le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Denis Charles Kouassi, a souligné la nécessité d’accélérer les transformations et les réformes du cadre financier et réglementaire, afin de permettre aux institutions de prévoyance sociale et aux fonds de pension de jouer pleinement leur rôle dans la mobilisation de l’épargne longue.
«Le portefeuille financier de la CNPS est passé de 93 milliards de FCFA en 2012 à plus de 1800 milliards de FCFA aujourd'hui. En ce qui concerne le secteur informel, nous avons mis deux ans avant de nous accorder avec l'État, parce que les représentants de l'État voulaient un système volontaire. Je leur ai dit que si ce n'est pas un système obligatoire, cela ne va pas marcher. Finalement, l'État a accepté, de sorte qu'aujourd'hui, nous avons 1. 500. 000 travailleurs indépendants dans notre système, là où le secteur formel, composé des salariés à 1.200.000. En termes d'effectifs, le secteur informel est supérieur au secteur formel, au niveau de la CNPS. Mais, nous visons à terme, 7 millions de personnes dans le secteur informel avec un système de prélèvement. Et ce vivier peut être utilisé aussi bien par la fiscalité que par les compagnies d'assurance avec lesquelles nous avons commencé à travailler», a t-il détaillé. Avant de reconnaître que l'assurance-vie n'est pas un réflexe automatique en Côte d'Ivoire, c'est pourquoi sa structure a proposé la mise en place d'un système d'assurance-vie pour tous les travailleurs, avec la garantie de la CNPS. «Si nous en arrivons là, nous aurons un taux de pénétration qui sera multiplié par 3, voire 4", a ajouté Denis Charles Kouassi.
Pour le président de l'Association sociétés d'assurance de Côte d'Ivoire (ASA-CI), Mamadou Koné, beaucoup de réformes ont été mises en œuvre en Côte d'Ivoire, mais il y a encore des efforts à faire, en termes de fiscalité, de système de protection sociale...« C'est un bien commun pour lequel nous devons nous mettre ensemble, secteur public et secteur privé », a souhaité Mamadou Koné.
Plusieurs autres sujets en lien avec le thème central ont été abordés sous la supervision du PCA de Bloomfield investment corporation, Stanislas Zézé
Solange ARALAMON
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