Vous consultez la nouvelle version du site. Pour accéder à l'ancienne version, cliquez ici.
Flash info
De la formation à l’étranger au service du pays : repenser le retour des talents ivoiriens
Aujourd'hui, 11:46

Anne Frédéric Amoa a alerté sur les conséquences d’un manque d’encadrement des étudiants ivoiriens en Europe

Ecoutez cet article en audio

Lire
Continuer
Pause
Arrêter
La mobilité académique internationale est souvent présentée comme une chance pour la jeunesse ivoirienne. Elle l’est, à condition qu’elle soit pensée jusqu’à son terme : le retour des talents au pays. Former à l’étranger sans organiser la réintégration revient à financer, malgré nous, une fuite des cerveaux.

Ce constat s’est imposé avec force lors d’un panel tenu les 20 et 21 janvier 2026, à l’Hôtel Ivoire, en marge du Grand Salon International d’Orientation des Lycéens et Étudiants.

Cette rencontre, initiée par Mme Wafaâ Bouab Bennani, Présidente-directrice générale de l’École Supérieure en Ingénierie de l’Information, Télécommunication, Management & Génie Civil (ESTEM), a réuni responsables publics, experts de l’éducation et acteurs institutionnels autour d’un enjeu crucial : comment former les étudiants ivoiriens à l’étranger tout en garantissant leur retour effectif au service du développement national.

À cette occasion, Mme Anne Frédéric Amoa, adjointe au maire d’Orléans, a alerté sur les conséquences d’un manque d’encadrement des étudiants ivoiriens en Europe, compromettant leur avenir et leur contribution au développement national.

L’exemple du partenariat entre l’INP-HB et Polytech Orléans, initié en 2019, est révélateur. Conçu pour former des ingénieurs ivoiriens de haut niveau en France et préparer leur retour en Côte d’Ivoire, ce projet reposait sur une vision claire de co-développement. Mais faute de continuité institutionnelle et de suivi, plus d’une vingtaine de diplômés se retrouvent aujourd’hui en situation de précarité, sans perspectives claires de retour ou d’insertion.

Ces jeunes représentent pourtant un capital stratégique pour la Côte d’Ivoire. En les laissant sans accompagnement, le pays risque de perdre des compétences qu’il a lui-même contribué à former.

Il est donc urgent d’agir. La mobilité académique doit intégrer, dès le départ, des mécanismes solides de suivi, de valorisation des compétences et de retour effectif. Former en Europe ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen au service du développement national.

La Côte d’Ivoire a besoin de ses talents. Elle doit se donner les moyens de les faire revenir, de les accueillir et de leur offrir des perspectives à la hauteur de leur engagement. À cette condition seulement, la mobilité académique cessera d’être un exil et deviendra un véritable levier de développement durable.

Lambert KOUAME

Donnez votre avis