Mamadou Sangafowa-Coulibaly, président en exercice de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), s’engage à renforcer l’action et le rayonnement de l’institution sur le continent africain
Président en exercice de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, s’est exprimé dans un entretien accordé à Jeune Afrique en février 2026. Il y détaille la feuille de route du continent africain pour relancer l’exploration pétrolière, garantir la sécurité énergétique et accroître la maîtrise africaine de la chaîne de valeur.
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, l’un des principaux obstacles au développement du secteur pétrolier africain reste la baisse des financements. Cette situation affecte aussi bien les compagnies internationales que les opérateurs locaux et les États.
Pour le président de l’APPO, la relance des investissements constitue une condition nécessaire au maintien des niveaux de production et à la sécurité énergétique du continent. Il indique dans cette interview, que certaines institutions financières internationales commencent à assouplir leurs positions, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives à partir de 2026.
Indépendamment du potentiel en ressources, le ministre met en avant la nécessité de dispositifs juridiques et fiscaux établis. Selon lui, les compagnies pétrolières privilégient des pays où les règles sont fixées et maintenues dans le temps.
Dans cette perspective, l’APPO prévoit d’intensifier la concertation entre ses 18 États membres afin de rapprocher les cadres réglementaires et de donner aux investisseurs une meilleure lisibilité.
La question sécuritaire reste centrale dans la stratégie défendue par le président de l’APPO. Selon lui, les tensions internationales, notamment la guerre en Ukraine, ont mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques.
Mamadou Sangafowa-Coulibaly estime que la réponse passe par le développement des infrastructures de transport et de stockage, ainsi que par le renforcement de la production locale. Il insiste également sur le rôle des États, de l’Union africaine et des organisations régionales dans la préservation de la stabilité.
Le ministre revient sur l’avancée du projet de la Banque africaine de l’énergie (BAE), dont le siège provisoire a été installé à Abuja. Une dernière ratification est attendue pour permettre la tenue de l’assemblée générale, la mise en place du conseil d’administration et le recrutement de l’équipe dirigeante. L’objectif affiché est de rendre l’institution opérationnelle avant la fin de l’année, afin de soutenir les projets énergétiques africains.
Mamadou Sangafowa-Coulibaly défend une approche qu’il qualifie de « climato-réaliste ». Il affirme que l’exploitation des hydrocarbures peut coexister avec les engagements climatiques, à condition d’intégrer des technologies à faible émission, citant notamment le champ pétrolier Baleine en Côte d’Ivoire.
À la tête de l’APPO, le ministre ivoirien dit vouloir renforcer la présence de l’Afrique dans les instances internationales et défendre une trajectoire énergétique définie par le continent lui-même.
Selon lui, l’enjeu est de transformer les ressources énergétiques en levier de développement économique et industriel, plutôt que de les limiter à une logique d’exportation.
Elysa Achi
Donnez votre avis